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Sororité et individuation : entre lien, rivalité et devenir soi

  • Photo du rédacteur: Alexandra Lange
    Alexandra Lange
  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture

La sororité est aujourd’hui largement évoquée comme une valeur de soutien et de solidarité entre femmes. Pourtant, dans la vie psychique, la relation aux autres femmes est rarement simple ou évidente. Elle est traversée par des élans de proximité, mais aussi par des comparaisons, des rivalités silencieuses, des blessures anciennes et des enjeux de reconnaissance.


Dans la perspective de la psychanalyse jungienne, la sororité ne peut être pensée uniquement comme un idéal relationnel. Elle s’inscrit dans un processus plus profond : celui de l’individuation. Comprendre le lien entre sororité et individuation permet de poser un regard plus juste sur les relations féminines et sur les difficultés qui peuvent s’y rejouer.


Sororité et individuation
Sororité et individuation

Sororité : un lien symbolique avant d’être social


La sororité ne se limite pas aux liens biologiques entre sœurs. Elle renvoie à l’archétype de la Sœur, figure du lien horizontal, de l’égalité et de la proximité. Cet archétype s’active chaque fois qu’une femme se trouve en relation avec une autre femme perçue comme semblable : amie, collègue, partenaire, ou même figure idéalisée.


Sur le plan symbolique, la sororité confronte à une question centrale : comment être en lien sans se confondre ? Comment reconnaître l’autre sans se perdre dans la comparaison ?


La rivalité féminine : un impensé fréquent


Dans de nombreuses histoires personnelles, la relation aux autres femmes a été marquée par des expériences précoces de rivalité, explicites ou silencieuses. Comparaisons dans l’enfance, sentiment d’injustice, concurrence affective ou sociale : ces vécus laissent des traces durables dans la psyché.


La rivalité féminine n’est pas un échec de la sororité. Elle en est souvent une étape. Lorsqu’elle reste inconsciente, elle peut nourrir jalousie, retrait, auto-dévalorisation ou conflits indirects. Lorsqu’elle est reconnue, elle devient un levier de différenciation et de maturation.


Individuation : devenir soi sans rompre le lien


Le processus d’individuation, tel que l’a décrit Carl Gustav Jung, correspond au chemin par lequel une personne devient progressivement elle-même. Il ne s’agit pas de s’isoler, mais de se différencier psychiquement : reconnaître ce qui relève de soi et ce qui appartient à l’autre.


Dans les relations féminines, l’individuation implique de renoncer à se définir uniquement par comparaison. Elle suppose de reconnaître sa propre valeur sans dépendre du regard ou de la validation des autres femmes.


Quand la sororité freine l’individuation


La sororité peut parfois devenir un frein lorsqu’elle se construit sur la fusion, la conformité ou l’effacement de soi. Certaines femmes ont appris à préserver le lien au prix du silence, du renoncement ou de l’auto-censure.


Dans ces situations, le lien sororal est maintenu, mais au détriment de l’individuation. La peur de perdre l’autre empêche alors d’affirmer sa singularité.


Quand l’individuation ouvre à une sororité plus mature


À l’inverse, lorsque le processus d’individuation progresse, la relation aux autres femmes se transforme. La comparaison perd de sa force, la rivalité s’apaise et la reconnaissance mutuelle devient possible.


La sororité cesse alors d’être un idéal abstrait pour devenir une relation vivante, fondée sur le respect des différences, des parcours et des rythmes de chacune.


Les archétypes en jeu dans la sororité


Plusieurs archétypes féminins sont mobilisés dans les dynamiques de sororité :

  • La Sœur, qui confronte à l’égalité et à la rivalité.

  • La Jeune Fille, sensible au regard et à la comparaison.

  • La Reine, qui incarne une reconnaissance intérieure plus stable.

  • La Femme sage, capable de lien sans enjeu de domination.


Le passage de l’un à l’autre accompagne souvent les étapes de l’individuation.


Sororité et chemins de vie


Certaines périodes de la vie réactivent fortement les enjeux de sororité :

  • adolescence et construction identitaire,

  • maternité et comparaison des choix éducatifs,

  • vie professionnelle et reconnaissance,

  • transitions de milieu de vie.


Ces moments peuvent fragiliser ou, au contraire, approfondir les liens féminins selon le degré d’individuation atteint.


Pourquoi travailler la sororité en thérapie ?


Explorer la sororité en thérapie permet de mettre au jour des schémas relationnels inconscients, souvent anciens. Le cadre thérapeutique offre un espace pour :

  • reconnaître la rivalité sans culpabilité,

  • pacifier la comparaison,

  • restaurer une estime de soi plus stable,

  • apprendre à se différencier sans rompre le lien.


Ce travail soutient le processus d’individuation et favorise des relations féminines plus libres et plus authentiques.


Sororité et individuation en consultation


En consultation, les questions de sororité émergent à travers des conflits relationnels, des difficultés professionnelles ou un sentiment persistant de ne jamais trouver sa place. Dans un accompagnement d’inspiration jungienne, ces dynamiques sont abordées comme des voies de transformation, non comme des défauts à corriger.


À Paris 12 et à Vincennes, Alexandra Lange propose un cadre thérapeutique permettant d’explorer ces enjeux avec respect et profondeur, en lien avec l’histoire singulière de chaque femme.


Vers une sororité consciente


La sororité, lorsqu’elle s’inscrit dans un processus d’individuation, devient un espace de soutien et de reconnaissance mutuelle, sans renoncement à soi. Elle ne demande pas l’effacement des différences, mais leur accueil.


Dans cette perspective, sororité et individuation ne s’opposent pas. Elles se nourrissent mutuellement, ouvrant la voie à des relations féminines plus justes, plus vivantes et plus conscientes.




En visant à offrir un espace chaleureux et accueillant, le cabinet de psychothérapie d'Alexandra Lange se positionne comme un allié précieux dans le cheminement vers une meilleure santé mentale. Que vous soyez aux prises avec des défis personnels, des troubles émotionnels ou simplement à la recherche d'un soutien professionnel, la psychothérapie peut fournir les outils et les ressources nécessaires pour vous accompagner sur le chemin du bien-être mental.


Alexandra LANGE, psychopraticienne à Paris 12ème, Bercy

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