Le harcèlement moral : lecture psychique et archétypale en psychanalyse jungienne
Le harcèlement moral est souvent abordé sous l’angle juridique, social ou comportemental. Ces approches sont indispensables, mais elles laissent parfois les personnes concernées avec une question plus profonde : pourquoi cela m’est arrivé, pourquoi cela se répète, pourquoi est-il si difficile de s’en extraire ?
La psychanalyse jungienne propose une lecture complémentaire, non culpabilisante, qui permet de comprendre le harcèlement moral comme une dynamique psychique et archétypale déséquilibrée, engageant à la fois l’agresseur, la victime et le champ relationnel dans lequel le harcèlement s’installe.
le harcèlement agit comme une atteinte progressive à l’intégrité psychique

Qu’est-ce que le harcèlement moral ?
Le harcèlement moral se caractérise par des agissements répétés visant à déstabiliser, isoler, dévaloriser ou fragiliser psychiquement une personne.
Il peut survenir dans différents contextes :
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milieu professionnel,
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sphère familiale,
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couple,
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milieu scolaire ou associatif.
Au-delà des faits, le harcèlement agit comme une atteinte progressive à l’intégrité psychique, conduisant à la perte de confiance en soi, à la confusion, à l’auto-culpabilisation et parfois à l’effondrement.
Le harcèlement moral comme dynamique d’Ombre projetée
Dans la perspective jungienne, le harcèlement moral est très souvent lié à une projection massive de l’Ombre.
Chez l’auteur du harcèlement
L’agresseur projette sur l’autre des aspects de lui-même qu’il ne peut reconnaître : fragilité, jalousie, sentiment d’infériorité, agressivité ou honte. L’autre devient alors le réceptacle de ce qui est psychiquement insupportable.
Le harcèlement permet ainsi de maintenir une illusion de maîtrise intérieure en détruisant symboliquement l’autre.
Chez la personne harcelée
La victime présente fréquemment une Ombre liée à l’agressivité, à la colère ou au droit de se défendre. Ces affects, refoulés ou interdits précocement, rendent difficile la mise en place de limites claires.

L’archétype de la Destructrice : force de rupture non intégrée
Le harcèlement moral mobilise puissamment l’archétype de la Destructrice, mais sous une forme dissociée.
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Chez l’agresseur, la Destructrice est agie sans conscience ni symbolisation.
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Chez la victime, elle est soit absente, soit retournée contre soi sous forme de culpabilité, d’auto-sabotage ou de dépression.
Lorsque la Destructrice n’est pas intégrée, la destruction ne transforme rien : elle fige la souffrance.
Le Faux Roi ou la Fausse Reine : l’autorité dévoyée
Dans de nombreux cas, le harcèlement moral s’exerce depuis une position de pouvoir réel ou symbolique. Il met alors en scène un archétype de Roi ou Reine non individué, confondant autorité et domination.
Cette figure tyrannique ne tolère ni l’altérité ni l’autonomie. Elle persécute ce qui menace l’ordre qu’elle impose, révélant un Moi fragile, coupé du Soi.
La Victime sacrificielle : loyauté et auto-effacement
Du côté de la personne harcelée, l’archétype de la Victime sacrificielle est souvent très actif.
Il se manifeste par :
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une loyauté excessive,
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la peur de rompre le lien,
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la culpabilité d’exister ou de déranger,
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la tendance à supporter l’inacceptable.
Cet archétype trouve souvent ses racines dans l’histoire familiale ou relationnelle précoce.
L’absence ou l’empêchement de la Guerrière
Dans les situations de harcèlement, la Guerrière intérieure est fréquemment inhibée chez la victime.
Peur du conflit, peur des représailles, peur de perdre la reconnaissance ou la sécurité : autant de facteurs qui empêchent l’affirmation de limites claires.
Le harcèlement persiste tant que la Guerrière ne peut se manifester de manière ajustée.
Le harcèlement moral comme échec du processus d’individuation
D’un point de vue jungien, le harcèlement moral traduit un blocage du processus d’individuation.
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Chez l’agresseur : refus d’intégrer l’Ombre, recours à la projection.
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Chez la victime : difficulté à se différencier sans culpabilité, maintien dans des rôles sacrificiels.
La relation harcelante devient alors un scénario répétitif, jusqu’à ce qu’un travail de différenciation puisse s’engager.
Conséquences psychiques du harcèlement moral
Les effets du harcèlement moral sont profonds :
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anxiété chronique,
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perte d’estime de soi,
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confusion mentale,
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troubles psychosomatiques,
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sentiment de honte ou d’isolement.
Ces conséquences ne sont pas des signes de faiblesse, mais les effets d’une attaque prolongée de l’intégrité psychique.
Pourquoi être accompagné en cas de harcèlement moral ?
L’accompagnement thérapeutique permet de :
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restaurer des repères internes,
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sortir de la culpabilité,
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reconnaître les mécanismes projectifs,
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réhabiliter la Guerrière et la Destructrice symbolique,
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soutenir le processus d’individuation.
Il offre un espace sécurisé pour penser ce qui a été vécu, sans minimisation ni jugement.
Le harcèlement moral en consultation avec Alexandra Lange
En consultation, le harcèlement moral apparaît souvent à travers des récits de confusion, de fatigue extrême, de perte de confiance ou de répétitions relationnelles douloureuses. L’accompagnement proposé par Alexandra Lange, psychopraticienne à Paris 12 et à Vincennes, s’inscrit dans une approche intégrative d’inspiration jungienne.
Le travail thérapeutique vise à permettre une sortie durable de la dynamique harcelante, en restaurant une autorité intérieure et une différenciation psychique.
Sortir du harcèlement : une transformation possible
Sortir du harcèlement moral ne consiste pas seulement à quitter une situation. Il s’agit d’un processus de reconstruction intérieure, dans lequel des archétypes jusque-là empêchés peuvent retrouver leur juste place.
Dans cette perspective, le harcèlement, aussi destructeur soit-il, peut devenir le point de départ d’un mouvement d’individuation plus profond, à condition qu’il soit reconnu, accompagné et symbolisé.
En tant que psychopraticienne certifiée, j'accueille chaque personne dans sa singularité et adapte l’accompagnement selon ses besoins.
