Harcèlement moral, impuissance apprise et individuation : quand la thérapie devient un espace de reconstruction
- Alexandra Lange
- il y a 5 jours
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Le harcèlement moral laisse rarement intacte la vie psychique. Même après la fin des faits, de nombreuses personnes continuent de se sentir figées, incapables d’agir, de décider ou de se projeter. Elles disent souvent : « Je suis sortie de la situation, mais quelque chose est resté bloqué en moi. »
Ce phénomène peut être compris comme une impuissance apprise, installée au fil de l’expérience harcelante. Dans une approche thérapeutique d’inspiration jungienne, le travail ne consiste pas uniquement à analyser ce qui s’est passé, mais à accompagner une reconstruction psychique profonde, inscrite dans le processus d’individuation.

Le harcèlement moral : une atteinte progressive de l’intégrité psychique
Le harcèlement moral agit rarement de manière brutale et immédiate. Il s’installe dans la répétition : remarques dévalorisantes, disqualification, isolement, remise en cause permanente. Cette répétition désorganise peu à peu les repères internes.
La personne harcelée en vient à douter de ses perceptions, de sa légitimité, puis de sa capacité à agir. Ce processus crée un terrain favorable à l’impuissance apprise.
De la violence psychologique à l’impuissance apprise
Dans un contexte de harcèlement, chaque tentative de se défendre ou de poser des limites échoue ou se retourne contre la personne. Progressivement, la psyché apprend que l’action est vaine, voire dangereuse.
L’impuissance apprise devient alors une stratégie de survie : se taire, se figer, s’effacer permet de limiter les dégâts psychiques à court terme, mais enferme durablement la personne dans l’inhibition.
Une lecture jungienne : Ombre projetée et archétypes empêchés
La psychanalyse jungienne permet de lire le harcèlement moral comme une dynamique archétypale déséquilibrée.
L’Ombre projetée : l’agresseur projette sur l’autre des aspects non intégrés de lui-même (fragilité, agressivité, sentiment d’infériorité).
La Victime sacrificielle : la personne harcelée intériorise la nécessité de supporter et de tenir.
La Guerrière empêchée : l’archétype de la limite et de la protection est inhibé.
La Destructrice retournée contre soi : la colère refoulée se transforme en culpabilité, honte ou épuisement.
Ces dynamiques figent l’énergie psychique et entravent le processus d’individuation.
Pourquoi « tourner la page » ne suffit pas
Quitter une situation de harcèlement ne signifie pas automatiquement retrouver une capacité d’agir. Tant que l’impuissance apprise n’est pas reconnue et travaillée, la personne peut rester dans un état de sidération intérieure.
Elle peut également être exposée à des répétitions relationnelles similaires, non par faiblesse, mais parce que les archétypes empêchés n’ont pas retrouvé leur place.
La thérapie comme espace de reconstruction
Dans une approche thérapeutique jungienne, le travail commence par la restauration d’un sentiment de sécurité psychique. Il ne s’agit pas de pousser à l’action, mais de rendre à nouveau l’action pensable.
La thérapie permet progressivement de :
remettre du sens sur ce qui a été vécu,
sortir de la culpabilité,
reconnaître la sidération,
réhabiliter la Guerrière sans violence,
redonner une fonction symbolique à la colère,
soutenir la différenciation psychique.
Individuation après le harcèlement moral
Le processus d’individuation est souvent interrompu par l’expérience du harcèlement. La personne est contrainte de survivre plutôt que de se développer.
Le travail thérapeutique permet une reprise progressive de ce processus :
réappropriation de ses limites,
clarification des valeurs personnelles,
restauration d’une autorité intérieure,
sortie du scénario victime–bourreau.
L’individuation ne consiste pas à effacer le passé, mais à intégrer l’expérience sans qu’elle définisse toute l’identité.
Ce qui change concrètement pour la personne accompagnée
Au fil de l’accompagnement, des transformations tangibles apparaissent :
une diminution de la peur du conflit,
une plus grande clarté dans les décisions,
un rapport plus apaisé à l’autorité,
la capacité de dire non sans se justifier,
une confiance retrouvée dans ses perceptions.
Ces changements témoignent d’une sortie progressive de l’impuissance apprise.
Harcèlement moral et accompagnement thérapeutique
En consultation, le harcèlement moral apparaît souvent sous la forme de fatigue chronique, de doutes persistants, de peur de se tromper ou d’un sentiment d’effondrement intérieur. Dans une approche jungienne, ces manifestations sont comprises comme les traces d’une atteinte profonde de l’intégrité psychique.
À Paris 12 et à Vincennes, Alexandra Lange propose un accompagnement intégratif permettant d’explorer ces dynamiques et de soutenir une reconstruction durable.
Reconstruire sans se violenter
Sortir du harcèlement moral et de l’impuissance apprise ne passe pas par un surcroît de volonté. Cela nécessite un espace où la personne peut redevenir sujet, à son rythme.
Dans la perspective jungienne, cette traversée ouvre souvent sur un mouvement d’individuation plus profond : la possibilité de se définir autrement que par ce qui a été subi, et de reprendre place dans sa propre vie.
En visant à offrir un espace chaleureux et accueillant, le cabinet de psychothérapie d'Alexandra Lange se positionne comme un allié précieux dans le cheminement vers une meilleure santé mentale. Que vous soyez aux prises avec des défis personnels, des troubles émotionnels ou simplement à la recherche d'un soutien professionnel, la psychothérapie peut fournir les outils et les ressources nécessaires pour vous accompagner sur le chemin du bien-être mental.
Alexandra LANGE, psychopraticienne à Paris 12ème, Bercy




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