Pourquoi je sais que la situation est toxique, mais je n’arrive pas à partir ?
- Alexandra Lange
- il y a 6 jours
- 3 min de lecture
C’est une question que beaucoup de personnes se posent en silence, souvent avec honte ou incompréhension : « Je sais que cette situation est toxique, je le vois clairement… mais je n’arrive pas à partir. » Qu’il s’agisse d’un contexte professionnel, familial ou conjugal, ce blocage est rarement lié à un manque de lucidité ou de courage.
Dans la majorité des cas, il s’agit d’un mécanisme psychique profond, fréquent et encore mal compris : l’impuissance apprise, souvent associée à un état de sidération intérieure.

Comprendre ce décalage entre lucidité et action
Il est possible de comprendre intellectuellement qu’une situation est délétère tout en étant incapable d’agir pour la changer. Ce décalage n’est pas contradictoire. Il traduit le fait que la capacité d’agir ne dépend pas uniquement de la volonté ou de la compréhension, mais aussi du sentiment de sécurité intérieure.
Lorsque la psyché a appris, au fil du temps, que toute tentative d’action est inefficace ou dangereuse, elle privilégie l’immobilité comme stratégie de protection.
L’impuissance apprise : un mécanisme de survie
L’impuissance apprise s’installe lorsque :
les limites posées ne sont pas respectées,
la parole est niée ou retournée contre soi,
les règles changent sans cesse,
les tentatives de défense échouent ou aggravent la situation.
Progressivement, la personne apprend que ne rien faire coûte moins que tenter d’agir. Ce mécanisme est inconscient. Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une adaptation à un environnement devenu insécurisant.
Le lien fréquent avec le harcèlement moral
Le harcèlement moral est l’un des contextes les plus propices à l’installation de ce type de blocage. Les attaques répétées, la disqualification et l’isolement fragilisent les repères internes.
Chaque tentative de se défendre devient risquée. La psyché choisit alors la sidération comme moyen de survie. C’est ce qui explique pourquoi il est si difficile de « partir » même lorsque l’entourage encourage à le faire.
Pourquoi la culpabilité aggrave le blocage
Face à cette difficulté à agir, beaucoup de personnes se reprochent leur immobilité : « Je devrais partir », « Je manque de courage », « D’autres y arrivent ».
Cette culpabilité renforce le blocage. Elle ajoute une pression supplémentaire là où la psyché est déjà en surcharge. Comprendre que l’impossibilité d’agir est un signal de protection, et non un défaut personnel, constitue souvent un premier soulagement.
Une lecture jungienne : archétypes empêchés
Dans une perspective de psychanalyse jungienne, ce blocage peut être compris comme un empêchement de certains archétypes fondamentaux :
la Victime sacrificielle, qui pousse à tenir et supporter,
la Guerrière, archétype de la limite et de la protection, devenue inaccessible,
la Destructrice, dont la capacité de rupture est retournée contre soi,
l’Ombre, où restent bloquées la colère et la révolte.
Tant que ces dynamiques restent inconscientes, la sortie de la situation paraît impossible.
Pourquoi « se forcer à partir » ne fonctionne pas
Se contraindre à agir sans que les conditions psychiques soient réunies peut aggraver la détresse. La personne peut se retrouver encore plus épuisée, confuse ou culpabilisée.
La capacité à partir, à dire non ou à rompre revient lorsque le sentiment de sécurité intérieure est progressivement restauré. Cela nécessite souvent du temps et, dans certains cas, un accompagnement.
Quand envisager un accompagnement thérapeutique ?
Un accompagnement peut être précieux lorsque :
la situation est clairement identifiée comme toxique,
l’idée de partir provoque une angoisse intense,
les tentatives d’action se soldent par un repli ou une fatigue accrue,
un sentiment d’impuissance ou d’enfermement persiste.
La thérapie offre un espace pour comprendre ce qui se joue, sans injonction à agir, et pour restaurer progressivement une capacité de choix.
Faire le lien avec d’autres dimensions du travail thérapeutique
Cette question est souvent en lien avec :
l’impuissance apprise ou acquise,
le harcèlement moral,
les difficultés à poser des limites,
le processus d’individuation,
certains archétypes féminins liés à la protection et à la transformation.
Explorer ces dimensions permet de sortir d’une lecture culpabilisante et d’ouvrir un chemin de transformation plus respectueux de soi.
Retrouver la possibilité d’un mouvement
Ne pas réussir à partir ne signifie pas que l’on est condamné à rester. Cela indique que quelque chose en soi a besoin d’être sécurisé, reconnu et accompagné avant que le mouvement devienne possible.
Dans de nombreux cas, comprendre ce mécanisme constitue déjà un premier pas vers la reprise d’un pouvoir d’agir plus juste et plus durable.
En visant à offrir un espace chaleureux et accueillant, le cabinet de psychothérapie d'Alexandra Lange se positionne comme un allié précieux dans le cheminement vers une meilleure santé mentale. Que vous soyez aux prises avec des défis personnels, des troubles émotionnels ou simplement à la recherche d'un soutien professionnel, la psychothérapie peut fournir les outils et les ressources nécessaires pour vous accompagner sur le chemin du bien-être mental.
Alexandra LANGE, psychopraticienne à Paris 12ème, Bercy




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