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Pourquoi je me sens bloquée, fatiguée ou incapable d’agir, alors que « tout est fini » ?

  • Photo du rédacteur: Alexandra Lange
    Alexandra Lange
  • 24 janv.
  • 4 min de lecture

Beaucoup de personnes expriment une incompréhension profonde après la fin d’une période difficile : « La situation est terminée, mais je ne vais pas mieux », « Je devrais être soulagée, pourtant je me sens bloquée, épuisée, incapable d’avancer. » Ces ressentis sont fréquents, mais souvent mal compris, par l’entourage comme par la personne elle-même.


Contrairement aux idées reçues, ce décalage n’est pas un signe de faiblesse ou d’échec. Il s’agit très souvent de la trace psychique laissée par une période de contrainte, de stress prolongé ou de violence relationnelle. Comprendre ce phénomène permet d’éviter l’auto-culpabilisation et d’ouvrir un chemin de reconstruction.


Le stress prolongé laisse une trace psychique qui perdure
Le stress prolongé laisse une trace psychique qui perdure

Quand la fin extérieure ne signifie pas la fin intérieure


Quitter une situation toxique, un environnement professionnel délétère ou une relation d’emprise ne suffit pas toujours à restaurer immédiatement l’équilibre intérieur. Pendant la période difficile, la psyché a souvent mobilisé des mécanismes de survie : adaptation excessive, silence, figement, hypervigilance.


Lorsque la situation prend fin, ces mécanismes ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Le corps et la psyché continuent à fonctionner comme si le danger était encore présent.


L’impuissance apprise après la situation


Dans de nombreux cas, ce blocage s’explique par une impuissance apprise. Pendant des mois ou des années, la personne a appris que ses actions n’avaient pas d’effet ou qu’elles aggravaient la situation.


Même une fois la contrainte levée, la psyché conserve cette règle implicite : agir est risqué. Il en résulte une difficulté à décider, à se projeter ou à initier de nouveaux changements.


Le lien avec l’épuisement et les états dépressifs réactionnels


Après une période de tension prolongée, il est fréquent de ressentir une grande fatigue, un ralentissement, voire un vide intérieur. Ces états peuvent être confondus avec une dépression « sans raison ».


Dans une lecture clinique, il s’agit souvent d’un temps de retombée : lorsque la pression cesse, l’organisme peut enfin relâcher. Ce relâchement est parfois vécu comme un effondrement, alors qu’il constitue une phase de récupération nécessaire.


Une lecture jungienne : archétypes figés après la contrainte


Du point de vue de la psychanalyse jungienne, ce blocage peut être compris comme un empêchement temporaire de certaines dynamiques archétypales.


  • La Victime sacrificielle a été fortement mobilisée pour tenir.

  • La Guerrière, archétype de l’action et de la protection, est restée inhibée.

  • La Destructrice, porteuse de rupture et de fin, n’a pas pu agir symboliquement.

  • L’Ombre contient encore des affects non intégrés : colère, peur, tristesse.


Tant que ces archétypes féminins n’ont pas retrouvé une circulation plus fluide, la personne peut se sentir figée, même en l’absence de danger réel.


Pourquoi « se forcer à aller mieux » ne fonctionne pas


Face à ce blocage, l’entourage — et parfois la personne elle-même — encourage à « tourner la page », « repartir », « profiter maintenant que c’est fini ». Ces injonctions peuvent renforcer le malaise.


Aller mieux ne se décrète pas. La psyché a besoin de temps pour intégrer ce qui a été vécu et pour restaurer un sentiment de sécurité intérieure.


Le rôle de l’individuation après une période d’emprise


Dans la perspective jungienne, une période de contrainte ou de harcèlement interrompt souvent le processus d’individuation. La priorité devient la survie, au détriment du développement personnel.


La reconstruction passe par une reprise progressive de ce processus :

  • redéfinir ses limites,

  • retrouver ses valeurs propres,

  • rétablir une autorité intérieure,

  • se différencier des rôles subis.


L’individuation ne signifie pas oublier le passé, mais l’intégrer sans qu’il continue à gouverner le présent.


Quand envisager un accompagnement thérapeutique ?


Un accompagnement peut être utile lorsque :

  • le blocage persiste malgré la fin de la situation,

  • la fatigue ou la confusion s’installent durablement,

  • la peur d’agir reste très présente,

  • des scénarios relationnels similaires se répètent.


La thérapie offre un espace pour comprendre ces mécanismes et pour soutenir une reconstruction respectueuse du rythme psychique.


Faire le lien avec les autres dimensions du travail thérapeutique


Cette problématique est souvent en lien avec :

  • l’impuissance apprise,

  • le harcèlement moral ou l’emprise,

  • les états dépressifs réactionnels,

  • le processus d’individuation,

  • les archétypes de la Guerrière, de l’Ombre et de la Destructrice.


Explorer ces dimensions permet de transformer un vécu de blocage en étape de transition.


Retrouver un mouvement intérieur, sans se brusquer


Se sentir bloquée après la fin d’une situation difficile ne signifie pas que rien n’est possible. Cela indique que la psyché a besoin d’un temps d’intégration et de réparation.


Lorsque ce temps est respecté et accompagné, un mouvement intérieur peut progressivement renaître, ouvrant la voie à des choix plus libres et plus ajustés.




En visant à offrir un espace chaleureux et accueillant, le cabinet de psychothérapie d'Alexandra Lange se positionne comme un allié précieux dans le cheminement vers une meilleure santé mentale. Que vous soyez aux prises avec des défis personnels, des troubles émotionnels ou simplement à la recherche d'un soutien professionnel, la psychothérapie peut fournir les outils et les ressources nécessaires pour vous accompagner sur le chemin du bien-être mental.


Alexandra LANGE, psychopraticienne à Paris 12ème, Bercy

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